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Data-driven ou data-slave: les défauts des données dans sa carrière

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Article initialement publié sur le site de l'auteur et reproduit ici avec l’accord de celui-ci.

 

Cela fait maintenant bien deux décennies que nous parlons de big data, data-driven, data-centric, data-informed, etc. Comme si nous n'étions pas entourés de données, noyés. Mais les données sont-elles source de décisions, ou symptômes de leur absence?

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Là est le point central de mon argument: l'obnubilation des données va vous empoisonner.

Se baser uniquement sur les données est certes "scientifique" en apparence, mais en pratique souffre d'un éventail de limitations.

La première est que les mesures sont biaisées, et que ce biais est rarement compris. Comme pour les KPIs, il n'est pas donné à n'importe qui de comprendre et de formaliser un problème.

La deuxième est que, par coût de mesure, ce qui est mesurable n'est pas toujours ce qui est utile. Par facilité, nous choisissons des mesures simples mais difficilement pertinentes, voire contre-productives.

Enfin, la troisième est la pire de toutes: l’analysis paralysis, ou paralysie de l’analyse.

C’est cette dernière qui transforme les leaders en suiveurs. Pourquoi, me direz-vous?

Parce que les habitudes qui se prennent sont difficiles à changer. Une fois que nous nous basons sur les données, il est facile de demander plus d’information, sans pour autant augmenter la certitude. Petit à petit, nous réduisons notre tolérance à l’incertain et au risque, pour parfois finir esclaves de l’analyse.

Une fois ce stade atteint, nous ne sommes plus en mesure d’être flexibles et de prendre les risques nécessaires pour être visibles, apprendre, négocier, et donc progresser.

Comptez-vous rester à votre poste pour toute une vie, ou monter en grade? L’étude suivante indique que la prise de risques augmente le risque de licenciement comme celui de promotion.

Être discipliné et consciencieux, le graal de l’administrateur de projet, n’en fait pas un chef, ni un leader.

Alors comment reprendre sa capacité à prendre des risques, et comment le faire de manière raisonnée?

  1. Commencez par déléguer davantage, et laissez les autres faire des erreurs.
  2. Essayez d’apprendre quelque chose de nouveau et d’imparfait: le combat, la danse, la moto par exemple.
  3. Prenez des décisions au hasard, au jet d’une pièce.
  4. Quand les données ne disent rien, suivez votre instinct: les résultats intermédiaires vous serviront de données pour vous adapter.

 

Joachim Dehais, PhD, PMP, TOGAF, CCBA

Source: publication originale sur le site de l'auteur.

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